Ressources : Capital financier et social
Ressources : capital financier et social des migrants de retour au Maghreb
Les données recueillies auprès des migrants de retour permettent de comprendre que 43% d’entre eux jugeaient leur situation financière, avant de partir pour l’étranger, comme étant « moyenne », voire « mauvaise » et « très mauvaise » pour plus de 36% d’entre eux (Tab. C1). Les migrants algériens (Tab. C1.1) et tunisiens (Tab. C1.3) sont ceux dont la situation financière précédant le départ pour l’étranger étaient jugée négativement, respectivement 44,6% et 37,5%. Une fois à l’étranger, la situation financière semble s’être améliorée pour plus de 81% de tous les enquêtés (Tab. C3).
Cette amélioration
de la situation financière est à corréler au taux élevé (70%) de migrants ayant
opéré des transferts financiers vers leur pays d’origine (Tab. C4). Près de 30%
d’entre eux ont transféré mensuellement une partie de leurs revenus, 25% tous
les trois mois et 27% de manière irrégulière (Tab. C4).
Plus de 30% des migrants ayant déclaré avoir effectué des transferts envoyaient plus de 1000 Euros par an (Tab. C5) afin de répondre aux priorités suivantes (Tab. C6):
- subvenir aux besoins de leur famille restée au pays ;
- faire construire ou acquérir un logement ;
- assurer la scolarité des enfants .
Les transferts en nature semblent plus irréguliers que les transferts financiers, mais ils concernent également 70% environ de l’échantillon (Tab. C7).
Près de 32% des enquêtés ont déclaré avoir réalisé des projets d’investissement au moment du retour (Tab. C8), dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie manufacturière, du commerce, du bâtiment (Tab C8.1). Cette tendance se renforce chez les migrants ayant décidé de retourner de leur propre chef. La plupart des migrants ayant effectué des investissements ont réalisé leurs projets grâce à l’autofinancement (Tab. C9). Seulement 4,6% d’entre eux ont bénéficié d’un appui institutionnel (Tab. C10). A ce propos, il est important de souligner l’appui familial et relationnel (amis) dont ont bénéficié ces migrants de retour afin de réaliser leurs investissements (Tab. C11).
En ce qui concerne les migrants de retour n’ayant réalisé aucun investissement dans le pays d’origine (plus de 65% de l’échantillon total et plus de 75% de ceux ayant été contraints au retour, Tab. C8), les raisons invoquées étaient l’insuffisance du capital financier suivie du manque d’expérience et des contraintes administratives et institutionnelles (Tab. C13). A ce sujet, la facilitation des procédures administratives constitue un des avantages qui, selon l’ensemble des enquêtés, devrait être considéré en priorité afin d’inciter les migrants à investir dans leur pays d’origine (Tab. C12).
Comme cela a été souligné plus haut, l’appui familial constitue un facteur important dans le cadre de la réalisation des investissements. Il est également important pour presqu'un migrant sur deux souhaitant émigrer (Tab. C14). Les contacts entretenus avec la famille restée au pays sont fréquents. Outre les visites annuelles dans le pays d’origine (Tab. C17 & Tab. C18), un migrant sur deux a déclaré avoir eu des contacts avec sa famille au moins une fois par semaine lors de son expérience migratoire à l’étranger (Tab. C16).






