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Perspectives et conditions post-retour

Par adminDernière modification 05/06/2007 13:25

Perspectives et conditions post-retour des migrants de retour au Maghreb

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Le fait de s’être préparé au retour, ainsi que le fait de décider de manière autonome de revenir dans son pays d’origine constituent des facteurs essentiels permettant de mieux comprendre les perspectives post-retour des migrants. L’enquête s’est intéressée, entre autres, aux intentions de retour permanent et provisoire des migrants, en se référant à deux moments distincts:

  1. Au moment même du retour au pays, 52,8% des migrants ont déclaré avoir l’intention de rester de manière permanente dans leur pays d’origine. Toutefois, cette part se réduit presque de moitié dans le cas des migrants contraints au retour. En effet, ces derniers se distinguent par le taux relativement élevé de répondants indécis (35,5%) et envisageant de rester de manière provisoire (36%) au pays (Tab. F1). C’est au Maroc (Tab. F1.2) et en Tunisie (Tab. F1.3) que moins de 28% des migrants contraints au retour envisageaient de rester de manière permanente dès leur retour au pays.
  2. Au moment de l’enquête, lorsque les migrants ont été interrogés sur leurs intentions de nouveau départ à l’étranger (Tab. F2), 23,4% d’entre eux ont répondu au cours des entretiens qu’ils resteraient de manière permanente au pays et qu’ils ne repartiraient pas pour le moment (16%). Cette observation est importante car elle permet de comprendre qu’entre le moment du retour (Tab. F1) et celui de l’enquête (Tab. F2) les migrants ont réévalué leurs perspectives post-retour dans leur pays d’origine, surtout en ce qui concerne les migrants ayant décidé de leur propre chef de revenir dans leur pays d’origine. Ce changement d’opinion semble émaner du fait qu’entre le moment du retour et le moment de l’enquête un certain temps s’est écoulé au cours duquel les conditions post-retour (aussi bien objectives que subjectives) des migrants enquêtés ont évolué.

Ceux ayant déclaré vouloir ré-émigrer envisagent de partir de nouveau vers le dernier pays d’immigration (Tab. F3). Les principales raisons invoquées émanent du fait qu’ils « connaissent déjà le pays et souhaitent y vivre », du fait qu’ils souhaitent « renouveler leurs papiers » et, enfin, du fait qu’ils considèrent qu’ils n’ont « pas d’avenir dans leur pays d’origine » (Tab. F4). Cette dernière raison est particulièrement récurrente chez les migrants contraints au retour (Tab. F4.2). Toutefois, on remarque une certaine incertitude chez ces derniers quand on leur demande s’ils envisagent de repartir à court ou long terme (Tab. F3.5).

Si près de 66,5% de l’ensemble des enquêtés se considèrent satisfaits d’être revenus au pays, seulement 34% des migrants contraints au retour y adhèrent contre 76,3% pour les migrants ayant décidé de revenir au pays de leur propre chef (Tab. F6 & Tab. F6.1 & Tab. F6.2 & Tab. F6.3).

De forts contrastes apparaissent également entre les deux grandes catégories de migrants de retour quant aux difficultés rencontrées dans le pays d’origine. Pour les migrants ayant décidé de rentrer au pays de manière autonome, celles-ci résident essentiellement dans les tracasseries administratives, les difficultés de réadaptation et l’inefficience du système de santé dans le pays d’origine (Tab. F7), surtout dans le cas des migrants de retour au Maroc (Tab. F7.2). En revanche, pour les migrants contraints au retour, les principales difficultés évoquées résident essentiellement dans le sous-emploi persistant dans le pays d’origine, les bas salaires, les difficultés de réadaptation et les problèmes avec les autorités publiques du pays d’origine. Ces difficultés expliquent en partie les raisons pour lesquelles les migrants contraints au retour manifestent un mal-vivre pour plus de la moitié d’entre eux (Tab. F8).

Enfin, à noter le fait que moins d’un migrant de retour sur dix déclare avoir bénéficié d’une assistance de la part des autorités publiques de son pays d’origine (Tab. F9).


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